Nicolas de Condorcet, du mathématicien au penseur du savoir pour tous
11 Rue Condorcet Ribemont
EN RÉSUMÉ
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Nicolas de Condorcet (1743-1794) est l’une des figures les plus exigeantes et les plus cohérentes des Lumières françaises. Mathématicien de premier plan, philosophe du progrès et acteur engagé de la Révolution, il consacre sa vie à une idée fondatrice : une société libre et juste ne peut exister sans un accès égal et rationnel au savoir. Né à Ribemont, dans l’Aisne, le 17 septembre 1743, il développe une pensée où la science, la politique et la morale sont indissociables.
Très tôt reconnu comme un grand mathématicien, Condorcet s’impose par ses travaux sur le calcul des probabilités et la théorie des décisions collectives. Chez lui, la rigueur scientifique n’est jamais abstraite : elle sert à penser la justice, à limiter l’arbitraire et à organiser la vie publique selon la raison. Héritier direct des Lumières, il est convaincu que le progrès humain repose sur la diffusion méthodique des connaissances et sur l’émancipation intellectuelle des citoyens. Cette vision irrigue l’ensemble de son œuvre et prépare son engagement politique lorsque la Révolution française ouvre la possibilité de transformer les idées en institutions.
Marie Jean Antoine Nicolas Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), philosophe, mathématicien et politologue français.
Député à l’Assemblée législative puis à la Convention nationale, Condorcet joue un rôle majeur dans les débats sur l’avenir de la société révolutionnaire. Les 20 et 21 avril 1792, il présente son rapport sur l’organisation générale de l’instruction publique, texte fondateur qui défend une école gratuite, accessible à tous, indépendante des pouvoirs religieux et politiques. Pour lui, l’instruction est le socle de la citoyenneté et la condition de la liberté. Si ce projet n’est pas appliqué tel quel, il marque durablement la pensée républicaine et fait de Condorcet l’un des grands théoriciens de l’éducation moderne.
Nicolas de Condorcet mort, dans sa prison, fin mars 1794, Musée de la révolution française - Vizille.
Hostile aux dérives autoritaires de la Révolution et proche des Girondins, Condorcet est progressivement marginalisé puis mis hors-la-loi à l’automne 1793. Contraint à la clandestinité, il rédige alors l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, affirmation obstinée de la raison face à la Terreur. Arrêté le 25 mars 1794 à Clamart, détenu à Bourg-la-Reine, il meurt le 29 mars 1794, dans des circonstances qui demeurent incertaines. À Ribemont, sa ville natale, la maison où il est né — aujourd’hui inscrite au titre des Monuments historiques, labellisée “Maisons des illustres” et transformée en Musée Condorcet — rappelle l’origine concrète de cette trajectoire exceptionnelle, et la force d’une pensée née d’un lieu précis, devenue universelle.
Crédit photo de couverture / Source : wikipedia