La Grand’Place d’Arras, chef-d’œuvre baroque classé monument historique
Grand'Place Arras Pas-de-Calais
EN RÉSUMÉ
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Au centre d’Arras, la Grand’Place déploie ses 155 façades flamandes comme un décor d’opéra. Née au Moyen Âge du tumulte des marchés, elle est devenue, au fil des siècles, le symbole vivant de la ville et de sa capacité à toujours renaître de ses cendres.
La Grand'Place d'Arras, un jour de marché par Charles Desavary. (Musée des Beaux-Arts d'Arras)
Dès le XIᵉ siècle, la Grand’Place s’impose comme le cœur battant d’Arras. Autrefois surnommée le Grand Marché, elle accueillait foires, chevaux et échoppes de drapiers. On raconte qu’en 1004, c’est là, sous une tente dressée au milieu de la place, que serait né Baudouin V de Flandre, futur comte de Flandre et protecteur des grandes cités drapières du Nord. De ce noyau médiéval naît un espace commercial unique, bordé de maisons à colombages où logent les riches marchands de draps. L’hôtel des Trois Luppars, construit en 1467, en conserve encore la mémoire gothique avec son pignon à gradins et ses briques rouges.
Sous les ducs de Bourgogne, la Grand’Place devient le théâtre des joutes et des grandes foires européennes. Mais en 1478, la méfiance du roi Louis XI à l’égard des habitants pousse le souverain à faire bâtir, tout près de la porte Saint-Michel, une forteresse destinée à surveiller la ville. Quelques siècles plus tard, la Révolution française bouleverse à son tour la place : les enseignes royales disparaissent, la statue de la Pollène est déboulonnée en 1791, et les rassemblements populaires transforment l’ancien marché en tribune citoyenne.
Arras, un côté de la Grand'Place détruit par à la guerre en 1919
Puis vient l’épreuve du feu. En 1917, les bombardements de la Première Guerre mondiale pulvérisent les frontons baroques ; il ne reste qu’un champ de ruines et de poussière. Pourtant, la cité choisit de renaître. Entre 1919 et 1934, l’architecte Pierre Paquet recompose pierre par pierre l’ensemble flamand d’origine, restituant les 155 demeures et leurs 345 piliers à partir d’anciennes photographies : une renaissance exemplaire, symbole d’une ville fidèle à son âme.
La Grand'Place en 2015
Aujourd’hui, la Grand’Place n’est pas un musée mais une scène vivante. Les marchés, les concerts et le célèbre marché de Noël y font vibrer les pavés. Classée monument historique depuis 1920, elle relie la place des Héros et le Beffroi dans un même écrin baroque. À la tombée du jour, quand le soleil dore les volutes de pierre, on comprend pourquoi cette place, reconstruite mais intacte dans l’âme, demeure le joyau d’Arras.
Crédit photo de couverture / Source : Photo by PtrQs, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons