Mémorial de la guerre d’Algérie : un lieu à la mémoire encore vive
65 Quai Jacques Chirac Paris
EN RÉSUMÉ
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À Paris, sur le quai Branly / quai Jacques-Chirac, trois colonnes sobres se dressent face au fleuve. Depuis le 5 décembre 2002, ce mémorial national fait défiler des milliers de noms liés à la guerre d’Algérie et aux combats du Maroc et de la Tunisie. Un lieu de passage devenu espace de recueillement, pensé pour inscrire ces conflits dans la mémoire collective.
La guerre d’Algérie, qui se déroule de 1954 à 1962, s’inscrit dans une histoire plus longue. L’Algérie est en effet placée sous domination française à partir de 1830, puis intégrée au territoire national sous la forme de départements. Après plus d’un siècle de présence coloniale, le conflit oppose l’État français aux mouvements indépendantistes algériens, principalement le Front de libération nationale (FLN). Longtemps qualifiée officiellement d’« opérations de maintien de l’ordre », cette guerre est marquée par une violence durable et multiforme, mêlant guérilla, attentats, répression militaire, torture, déplacements de populations et fractures profondes entre civils et combattants.
Elle engage directement des centaines de milliers de soldats français, pour la plupart appelés du contingent, et touche également les populations civiles algériennes, les Européens d’Algérie et les harkis, pris dans un conflit aux répercussions humaines, politiques et mémorielles majeures. Les accords d’Évian, signés en mars 1962, mettent fin à la guerre et ouvrent la voie à l’indépendance de l’Algérie, laissant une mémoire encore sensible de part et d’autre de la Méditerranée.
Inauguré le 5 décembre 2002 par Jacques Chirac, le mémorial s’inscrit dans cette histoire longue et complexe. Le choix de cette date, distincte des échéances politiques ou militaires de la fin du conflit, marque la volonté d’un temps commun de recueillement. Par son dispositif contemporain — trois colonnes à afficheurs électroniques où défilent les noms — le lieu ne cherche pas à clore le débat, mais à donner une place aux morts et à reconnaître la pluralité des mémoires issues de cette guerre.
Crédit photo de couverture / Source : wikimedia / Mémorial de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie