31 juillet 1914, l’assassinat de Jean Jaurès au Café du Croissant.

146 Rue Montmartre Paris

Voir le trajet

EN RÉSUMÉ

⏱️ Temps de lecture : 2 min 30

Le 31 juillet 1914, au Café du Croissant, dans le 2ᵉ arrondissement de Paris, Jean Jaurès est assassiné alors qu’il dîne avec des collaborateurs de L’Humanité. À la veille d’un basculement majeur, la disparition brutale de l’une des grandes voix pacifistes françaises transforme une soirée ordinaire en moment décisif de l’histoire politique du pays.

Reconstitution du drame du 31 juillet 1914 dans le journal "Le Matin". Dans le médaillon : Jean Jaurès

À la fin de juillet 1914, Paris vit sous une tension extrême. Depuis l’attentat de Sarajevo, la crise diplomatique s’aggrave d’heure en heure et la guerre paraît de plus en plus probable. Dans ce climat d’inquiétude, Jean Jaurès demeure l’un des derniers responsables politiques à croire encore possible une issue diplomatique. Député socialiste, tribun respecté et fondateur de L’Humanité, il s’oppose ouvertement à l’engrenage militaire et appelle à l’unité des travailleurs au-delà des frontières. Cette position lui vaut une hostilité croissante dans les milieux nationalistes, où il est accusé d’entraver la mobilisation du pays.

Le soir du 31 juillet 1914, Jean Jaurès dîne au Café du Croissant avec plusieurs collaborateurs de L’Humanité. Assis à une table, dos à la rue, devant une fenêtre ouverte, il échange encore sur la situation internationale et sur le travail du journal. À l’extérieur, Raoul Villain attend. Nationaliste exalté, il suit Jean Jaurès depuis plusieurs jours, bien décidé à en découdre avec celui qu’il considère comme un traître à la nation. Vers 21 h 40, Villain, qui attendait dans la rue, s’approche de la terrasse du café, sort son arme et vise Jaurès à travers la fenêtre ouverte, avant de faire feu. Une balle atteint mortellement Jean Jaurès à la tête, qui s’effondre sur la table. À l’intérieur du café, la stupeur est immédiate. Des témoins de la scène se précipitent dehors, parviennent à maîtriser Villain avant de le livrer à la police. Au Café du Croissant, en quelques secondes seulement, la principale voix pacifiste de France vient d’être réduite au silence.

Une de L'Humanité du 1er août 1914. 

La nouvelle de l’assassinat se répand très rapidement dans la capitale, puis dans tout le pays, provoquant un choc immense. En 1919, Raoul Villain est jugé puis acquitté, une décision qui choque durablement la gauche française et laisse une trace profonde dans la mémoire politique nationale. Mais au-delà du verdict judiciaire, l’événement prend une portée historique majeure : en faisant taire celui qui appelait encore à la retenue, l’assassinat du Café du Croissant scelle symboliquement la fin des derniers espoirs de paix. Trois jours après l’assassinat de Jean Jaurès, la Première Guerre mondiale éclate, entraînant l’Europe dans un conflit mondial d’une ampleur inédite.

Crédit photo de couverture / Source : Ystory


Envie de découvrir

d’autres histoires en

Ile de France ?


Vous connaissez une anecdote, une photo ou un document lié à ce lieu ? Contribuez pour enrichir cette histoire.