Usine marémotrice de la Rance : quand la mer produit de l’électricité
Usine marémotrice de la Rance FR 35400
EN RÉSUMÉ
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L’usine marémotrice de la Rance, entre Dinard et Saint-Malo, est l’un des rares sites au monde à produire de l’électricité grâce au rythme des marées. Inauguré en 1966, ce barrage-usine transforme le va-et-vient quotidien de la mer en énergie, tout en servant de lien routier au-dessus de l’estuaire de la Rance.
Barrage sur la Rance entre Dinard et Saint-Malo, abritant l'usine marémotrice EDF
Dès la fin du XIXᵉ siècle, l’idée d’exploiter la force des marées de la Rance émerge. Mais il faut attendre l’après-guerre pour que le projet prenne forme. Déclarée d’utilité publique par décret en 1957, l’usine est confiée à EDF. Le chantier débute en 1961 et s’achève en 1966, après la fermeture progressive de l’estuaire par un barrage long d’environ 750 mètres. Conçu dans le contexte de la reconstruction et de l’indépendance énergétique de la France d’après-guerre, le projet s’inscrit dans une volonté nationale de modernisation industrielle et de maîtrise des ressources naturelles.
À son inauguration, l’usine marémotrice de la Rance devient la plus puissante installation marémotrice au monde, et demeure aujourd’hui encore une référence internationale rarement égalée. Son fonctionnement repose sur un principe simple et spectaculaire. À marée montante, l’eau est retenue derrière le barrage. Lorsque la différence de niveau atteint environ 4 mètres, l’eau est relâchée à travers 24 turbines bulbes réversibles, capables de produire de l’électricité aussi bien à la montée qu’à la descente de la marée. L’ensemble développe une puissance installée de 240 MW, transformant le mouvement naturel de la mer en courant électrique régulier.
Réversibilité d'un groupe bulbe de l'usine marémotrice pour produire de l'éléctricité dans les deux sens.
Sa mise en service, en présence du général Charles de Gaulle, consacre une vision ambitieuse de la France : une nation capable d’allier ingénierie de pointe, aménagement du territoire et souveraineté énergétique. Aujourd’hui encore, l’usine produit autour de 0,5 TWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’environ 225 000 habitants. Véritable symbole des énergies renouvelables, elle reste un laboratoire grandeur nature, observé pour ses performances comme pour ses effets sur l’estuaire, notamment les enjeux de sédimentation et de gestion écologique à long terme.
Crédit photo de couverture / Source : wikipedia / Vue aérienne du barrage et de l'usine marémotrice de La Rance
Premier ouvrage consacré à Louis Arretche, cette monographie révèle l’œuvre foisonnante d’un architecte majeur de la seconde moitié du XXᵉ siècle, à travers des réalisations emblématiques — de Saint-Malo à la passerelle des Arts, de l’usine marémotrice de la Rance à Rouen — au cœur des grands chantiers de la reconstruction et de la modernisation des villes.