Ouest-France, de journal de la Libération à premier quotidien régional

38 Rue du Pré Botté Rennes

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EN RÉSUMÉ

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Le 7 août 1944, à Rennes, Ouest-France publie son premier numéro dans une ville tout juste libérée. Né au 38 rue du Pré-Botté dans l’urgence de la reconstruction démocratique, le journal va progressivement s’imposer dans tout l’Ouest jusqu’à devenir le premier quotidien régional de France en diffusion payée.

Le 7 août 1944, quelques jours après la Libération de Rennes, les presses redémarrent au 38 rue du Pré-Botté. Dans les locaux de L’Ouest-Éclair, interdit pour collaboration, paraît le premier numéro de Ouest-France. À l’initiative de Paul Hutin-Desgrées, le titre se présente comme un “journal républicain du matin”. Le format est modeste — quatre pages, faute de papier — mais le geste est fort : rétablir une presse libre dans une région marquée par l’Occupation. À Rennes, la rotative devient l’un des symboles de la reconstruction démocratique.

 Le 5 janvier 1960, au lendemain de l’accident de voiture d'Albert Camus, Ouest-France titre : « Le grand écrivain, Prix Nobel de littérature Albert Camus tué dans un accident de voiture ».

Dès le 30 septembre 1944, la création de la Société Anonyme d’Éditions Ouest-France stabilise l’entreprise. Dans les années 1950 et 1960, le journal choisit un modèle singulier : multiplier les éditions locales, recruter des correspondants dans les communes, imprimer au plus près des territoires. Là où d’autres titres centralisent, Ouest-France investit dans la proximité. Cette stratégie transforme progressivement le quotidien rennais en journal de tout l’Ouest : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire. Chaque département trouve sa place dans ses colonnes, et la diffusion progresse année après année.

 

Au tournant des années 1970, le titre dépasse ses principaux concurrents régionaux. Les chiffres certifiés par l’ACPM confirment, à la fin du XXᵉ siècle, une diffusion supérieure à 600 000 exemplaires quotidiens, faisant d’Ouest-France le premier quotidien régional de France en diffusion payée. Chaque nuit, des dizaines d’éditions différentes sortent des rotatives ; à l’aube, des camions sillonnent routes et bourgs pour livrer le journal dans des centaines de milliers de foyers. Né dans l’urgence de 1944, le titre rennais s’est imposé comme une institution territoriale, structurant durablement l’espace public de l’Ouest.

Crédit photo de couverture / Source : Ystory / L’image illustrant cet article est une reconstitution visuelle générée par intelligence artificielle.

Dans Histoires vraies de la presse régionale, Raymond Silar replonge dans l’après-1944, lorsque la presse française est profondément bouleversée par la Libération. À Cherbourg, Angers, Lille ou Clermont, il fait revivre des rédactions renaissantes, des équipes issues de la Résistance et des journalistes convaincus de reconstruire une presse indépendante. À travers ces récits humains, c’est toute l’histoire fragile et passionnée de la presse régionale qui se dévoile, entre engagement, idéaux démocratiques et réalités économiques.


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