Les Rangers à l'assaut de la Pointe du Hoc

Cricqueville-en-Bessin Calvados Normandie

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L'assaut sur la Pointe du Hoc par les Rangers américains est un des épisodes les plus marquants du débarquement de Normandie. Elle reste comme l'une des opérations militaires les plus cruciales de la Seconde Guerre mondiale. En dépit des lourdes pertes, ces hommes ont accompli leur mission dans un acte d'héroïsme et de sacrifice.


L'Importance Stratégique de la Pointe du Hoc

Située entre Utah et Omaha Beach, la Pointe du Hoc était un emplacement crucial pour la réussite de l'Opération Overlord lors du débarquement de Normandie en juin 1944. Les Alliés identifièrent ce site de 30m de haut comme l'une des positions défensives les plus redoutables de la Wehrmacht le long de la côte normande.


La Forteresse au Sommet de la Falaise

Après l'occupation du nord de la France en 1940, les Allemands renforcèrent les défenses de la Pointe du Hoc en y installant une batterie de canons de 155 mm. Ces canons menaçaient directement les plages d'Utah et d'Omaha, où des milliers de soldats américains allaient bientôt débarquer.


La Mission des Rangers

Les forces américaines, sous le commandement du général Eisenhower, comprirent rapidement l'importance de neutraliser la Pointe du Hoc. La tâche fut attribuée aux Rangers, malgré certaines voix dissidentes qui doutaient de leur capacité à accomplir une mission aussi difficile. Les Rangers devaient grimper les falaises abruptes et neutraliser les défenses allemandes.


La Planification de l'Assaut

Le lieutenant-colonel James Earl Rudder fut chargé de planifier l'assaut sur la Pointe du Hoc. Trois forces distinctes (A, B et C) furent déployées pour mener à bien cette mission. Les Forces A et B étaient chargées de débarquer à la Pointe du Hoc et à la Pointe de la Percée respectivement, tandis que la Force C attendait en réserve au large.


L'Entraînement des Rangers

Pour préparer les Rangers à cette mission périlleuse, un entraînement intense fut mis en place, mettant l'accent sur l'escalade des falaises. Les Rangers reçurent l'enseignement de commandos britanniques expérimentés et développèrent des compétences de combat exceptionnelles pour accomplir leur mission.


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Le 6 juin 1944 : L'assaut de la Pointe du Hoc

4h45 : UN DÉBUT CHAOTIQUE

Un garde-côte fut abattu par un tireur d'élite allemand alors qu'il débarquait des troupes sur la côte française, en juin 1944. Ce fut un avant-goût de ce qui attendait les soldats à leur arrivée.

À 4h45, le matin du 6 juin, le Bataillon des Rangers de la Force A embarqua sur des LCA. Lors de ce voyage d'une heure vers leur destination, les hommes durent affronter une mer agitée, le froid, l'humidité et le mal de mer. Malheureusement, une LCA chavira, privant l'équipe d'assaut de vingt-deux de ses hommes.


6h45 : CIBLES EN MOUVEMENT

À 6h45, les troupes de la force B débarquèrent sur Omaha Beach, et furent immédiatement accueillies par des tirs d'artillerie allemande. Après dix minutes d'intense combat, ils purent se frayer un chemin jusqu'au pied de la falaise de la Pointe de la Percée, où le capitaine Goranson réalisa qu'il ne lui restait que trente-cinq hommes sur les soixante-dix de son équipe initiale.


7h10 : ERREUR DE NAVIGATION

Les Rangers de la Force A se rendirent compte, au lever du soleil, qu'ils n'étaient pas à la bonne position. À cause des eaux agitées et du fort courant, ils s'étaient retrouvés à trois kilomètres de leur objectif, la Pointe du Hoc. Cela entraîna un retard de près de quarante minutes, ce qui laissa aux Allemands le temps de se remettre des bombardements alliés, de repositionner leurs défenses et de faire feu sur les Rangers qui arrivaient.


CORDES, FUSÉES ET HOMMES

Les conditions difficiles rendirent l'escalade de la falaise extrêmement périlleuse. La mer agitée avait mouillé les cordes, les rendant plus lourdes et donc moins aptes à s'agripper aux falaises. De plus, nombre d'entre elles furent coupées par les Allemands. Cependant, certains débris de falaise détruits par les bombardements aériens et navals formèrent une pile de gravats de 20 mètres de haut, qui facilita l'ascension.

 


L'ascension périlleuse de la Force A

Les DUKW équipés d'échelles qui accompagnaient la Force A ne purent pas manœuvrer sur les cratères de la plage, laissant les troupes d'assaut sans aide pour escalader les falaises. De plus, les cordes mouillées et glissantes ne facilitaient pas l'ascension des soldats déjà alourdis par leurs vêtements boueux et humides, leurs bottes et leur équipement. Malgré cela, les Rangers réussirent à atteindre le sommet de la Pointe du Hoc, repoussant tous les soldats ennemis du bord de la falaise.


L’enjeu capital des bombardements

Les bombardements intenses en Normandie et dans le nord de la France font partie intégrante des plans de l’opération OVERLORD. Les frappes aériennes contre la Pointe du Hoc ont lieu plusieurs fois avant le débarquement, créant un paysage de destruction incomparable aux photos aériennes et aux maquettes que les Rangers avaient étudiées. Les repères reconnaissables ont été remplacés par des cratères et des débris.


En mer, l'attente du signal

Au large, la Force C de Schneider attend anxieusement le signal indiquant qu'ils doivent rejoindre la Force A sur terre. Sans signal cohérent à 7 heures, le plan B est mis en place, conduisant la Force C à Omaha Beach. De là, ils doivent lancer un assaut terrestre pour prendre la Pointe du Hoc.

 


En haut de la falaise, une organisation nécessaire

En atteignant le sommet de la falaise, les Rangers de la Force A avancent en petits groupes pour atteindre leurs objectifs. Ils doivent détruire le poste d'observation et toutes les armes de la forteresse. Rapidement, ils font des prisonniers qui sont envoyés sur la plage en contrebas où le commandement a été installé.


À la recherche des canons

En explorant leurs objectifs, les Rangers comprennent que les Allemands ont déplacé leurs armes. Les casemates endommagées par le bombardement allié ne contiennent que des canons factices. Les vrais canons ont été retirés de la Pointe du Hoc deux jours avant l'attaque, forçant les Rangers à se regrouper et à chercher où les canons ont été cachés.


Le bilan de la journée

Le 6 juin 1944, le jour J, est marqué par de longues heures de combat face aux snipers allemands, aux tirs d'artillerie et aux contre-attaques. Du 6 au 8 juin, les Rangers subissent de lourdes pertes, avec seulement 75 des 225 premiers hommes qui ont débarqué le 6 juin encore capable de combattre. Le bilan est lourd pour le 2e bataillon de Rangers, avec de nombreux morts, blessés et disparus.

Ces actes héroïques ont toutefois permis d'atteindre l'objectif principal de l'assaut de la Pointe du Hoc: détruire l'armement allemand. Le courage de ces hommes a permis de neutraliser une menace majeure pour le succès global de l'opération OVERLORD. En effet les Rangers ont réussi à localiser et à détruire les vrais canons, qui avaient été déplacés à l'intérieur des terres. L'assaut de la Pointe du Hoc est donc un tournant crucial de la Seconde Guerre mondiale, qui a permis de changer le cours de la guerre en faveur des Alliés.


La postérité de l'assaut de la Pointe du Hoc

Aujourd'hui, la Pointe du Hoc est un mémorial dédié à l'exploit des Rangers et à leur sacrifice. Les vestiges des bunkers et les cratères formés par les bombardements offrent un témoignage poignant de la réalité de cette journée du 6 juin 1944. Le mémorial de la Pointe du Hoc, géré par l'American Battle Monuments Commission, rend hommage à ces hommes qui se sont battus avec bravoure pour une cause plus grande qu'eux.

En conclusion, l'assaut sur la Pointe du Hoc reste l'un des moments les plus forts et les plus symboliques de la Seconde Guerre mondiale. L'héroïsme, le sacrifice et le courage des Rangers américains ont permis de changer le cours de la guerre, rappelant que la victoire n'est pas seulement l'œuvre des stratégies militaires, mais aussi et surtout celle des hommes qui les mettent en œuvre.