Villerville, le village d'un singe en hiver

2 Rue Daubigny Villerville

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C'est en grande partie dans le village de Villerville sur la côte Normande, qu'Henri Verneuil choisit de tourner "Un singe en hiver". Le point Ystory se situe devant "Le cabaret Normand" où une grande partie des scènes du film ont été tournées.

" On se doutait bien que la rencontre, dans le même film, de Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo ne pouvait être qu'extraordinaire. Mais le résultat dépasse toutes nos espérances. Un singe en hiver est une réussite complète"

Critique de Robert Chazal dans France-Soir en 1962

L'histoire de cette comédie dramatique est tirée du roman éponyme d'Antoine Blondin. Ce film devenu culte est interprété par deux "monstres" du cinéma français, Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. Lors de sa sortie en mai 1962, "Un singe en hiver prend la tête du box-office parisien pendant deux semaines.

Pour ou contre

Malgré cette "union sacrée", le film ne fait pas l'unanimité à sa sortie. Pour exemple le ministère de la santé tente même de le faire interdire. En effet il voit dans le film une apologie de l'alcoolisme. Dans la presse on peut lire une critique de Gilbert Salachas, rédacteur en chef de Téléciné qui écrit :

"L’humanité est mesquine et la vie un pesant fardeau pour les sages et les seigneurs, telle est la sinistre “morale” de cette œuvre à la fois piètre et révoltante dans son esprit." 

A l'inverse le film sera défendu par de grands noms du cinéma. C'est le cas notamment de François Truffaut qui va dire de Belmondo :

"Pour moi cela ne fait aucun doute, Jean-Paul Belmondo est le meilleur acteur actuel, le meilleur et le plus complet. Si l’idée de tourner des remakes ne lui répugnait pas, il pourrait, sans effort et sans souffrir de la comparaison, reprendre les rôles de Gabin, de Fernandel , ou de Gérard Philipe"

Et c'est vrai que "Bebel" crève l'écran dans "Un singe en Hiver". Le journaliste Claude Mauriac du "Figaro Littéraire écrit à son tour :

" Le miracle, c’est que Belmondo recrée plus encore Antoine Blondin que Gabriel Fouquet, son héros. C’est la même désinvolture, la même fantaisie et, le soleil de joie de vivre caché, le même obscurcissement du visage et de l’âme avec cette inextinguible, cette pathétique petite lumière subsistante"

Dans tous les cas, qu'on aime ou pas le film de Verneuil, cette nuit d'ivresse de Gabin et Belmondo ne laisse pas indifférent. Un classique, à voir absolument.

Un singe en hiver, un voyage singulier

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En juin 1944, Albert Quentin tient avec sa femme Suzanne, l'hôtel "Stella" dans le village de Tigreville sur la côte normande. Souvent Albert boit trop, surtout quand lui vient la nostalgie de sa jeunesse, comme fusilier marin sur le Yang-Tsé-Kiang en Chine. Alors que le couple subit un bombardement en juin 1944, Albert promet à Suzanne de ne plus boire un seul verre, si l'hôtel échappe à la destruction. La promesse est tenue, jusqu'à ce soir de l'hiver 1959, où Gabriel Fouquet s'installe à l'hôtel Stella. Il est là pour voir sa fille, Marie, pensionnaire à Tigreville. Sur place le jeune et remuant publicitaire boit pour oublier l'échec de sa vie sentimentale avec la mère de sa fille qui vit à Madrid. Grâce à l'alcool Gabriel "voyage" lui aussi, notamment en Espagne. L’enivrement lui permet de vivre éveillé son rêve de tauromachie. Albert et Gabriel vont connaître deux jours "d'évasion" grâce à l'ivresse, l'un en Espagne et l'autre en Chine.

Quelques anecdotes du tournage

  • Le roman d'Antoine Blondin "Un singe en hiver" a reçu le prix Interallié en 1959.
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  • C’est la seule fois où Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo sont réunis à l'écran.Embed from Getty Images
  • D'autres scènes du film sont tournées à Trouville, Deauville, Houlgate, Port-en-Bessin et Lisieux.
  • A l'origine, le producteur doit tourner un film tiré du roman de Roger Vercel, "Au large de l'Eden". Celui-ci raconte l'histoire d'une mutinerie matée par un capitaine de terre-neuvas. De ce fait Jacques Bar, le producteur, réserve un bateau à un armateur de Saint-Malo. Lorsque Jean Gabin monte sur le bateau, il trouve que "ça sent la morue" et que "ça pue le mazout". Ces odeurs lui donnent "mal au cœur" et l'acteur décide de ne plus faire le film. Pour sauver la production, Michel Audiard propose d'adapter le livre de Blondin, "Un singe en hiver".
  • Jean Paul Bemondo est doublé dans la scène où il danse le flamenco au "Cabaret Normand". En réalité c'est un danseur espagnol qui joue toutes les scènes en gros plans.Embed from Getty Images
  • A contrario dans La scène de la corrida avec les voitures, c'est bien Belmondo qui exécute la scène.