La première exposition des impressionnistes

L'Olympia 35 Bd des Capucines

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La première exposition des impressionnistes a eu lieu ici, au n°35 du boulevard des capucines dans les studios animés du célèbre écrivain et photographe Nadar. Cette manifestation culturelle qui doit se tenir du 15 avril au 15 mai 1874, est organisée par la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs.

Imaginez Paris au printemps, une ville qui ignore qu’elle est à l'aube d'une révolution artistique. Car l’évènement qui se prépare va marquer l'histoire de l'art pour l’éternité. Organisée par un collectif d'artistes avant-gardistes, la Première exposition des peintres impressionnistes, dénuée à l'origine de toute prétention officielle ou de recherche de renommée, allait pourtant captiver et polariser le monde de l'art.

 D’ailleurs ce sont les critiques, armés de leurs plumes tranchantes, qui vont nommer cet événement dans la presse « Exposition des impressionnistes ».  Sans le vouloir, ils vont immortaliser un courant qui va révolutionner la peinture, faisant de « l’impressionnisme », un label dans lequel pouvaient se retrouver tous les artistes qui défiaient les conventions. Embarquez avec moi dans le récit fascinant de cette exposition historique, où naquit une nouvelle vision du monde.

Les prémices d’une révolution culturelle

Atelier Nadar 35BoulevardDesCapucines 1860 Nadar

Quelques mois avant cette révolution artistique, le 27 décembre 1873, naissait la Société à l'initiative d’artistes. Cette nouvelle alliance ne prônait aucun manifeste et refusait de se définir comme une école. L’idée de ce collectif émanait du rejet systématique du travail de ces créateurs par les salons d’expositions très académiques de peinture et de sculpture.

Pierre-Auguste Renoir 113

Paul Durand Ruel, marchand d'art et mécène généreux, peint par Auguste Renoir en 1910.

Ainsi ce ne sont pas moins de Trente artistes, tous embrassant une nouvelle vision de l’Art, qui présentèrent 165 œuvres, et autant de diversité artistique durant cette exposition. Leur hôte n’était autre que le grand photographe Nadar, qui poussé par des besoins financiers, proposa de leur ouvrir grand les portes de son atelier pour organiser cette rencontre artistique. Dans les coulisses, l'influence de Paul Durand-Ruel, marchand d'art visionnaire et mécène généreux, marquait un soutien crucial à cette aventure audacieuse.

L'Émergence d'un Mouvement

Palais des beaux-arts 1855

A l’origine de cette exposition historique, on retrouve un sentiment d’injustice grandissant chez des artistes mécontents et frustrés à l’encontre du Salon de 1873. Ces artistes qui sont alors systématiquement écartés par un jury trop conservateur, se disent prêts à briser les chaînes qui relie l’art à la pensée académique officielle. Cette rébellion artistique trouve d’abord ses racines en 1855, lorsque Gustave Courbet, voit ses tableaux refusés par l'Exposition Universelle. En représailles, il décide de faire construire le Pavillon du réalisme sur l'avenue Montaigne, dans lequel il pourra exposer ses œuvres. Son audace attire une foule de jeunes peintres, inspirés à leur tour à défier l'establishment.

Courbet LAtelier du peintre 

"L'atelier du peintre" de Gustave Courbet, tableau refusé par le jury de l'exposition universelle de 1855

D’autres révoltes précurseurs ébranlèrent le monde de l'art : D’abord en 1862 avec la naissance de la Société nationale des beaux-arts, puis en 1863 avec « le Salon des refusés », une protestation éclatante contre l'art officiel. Il y eut aussi « Le groupe des Batignolles » mené par Édouard Manet, qui prônait une action plus militante et révolutionnaire, pour que les artistes aient le droit d'exposer leurs œuvres plus facilement. Le Salon de 1873, avec le manque d’intérêt notoire pour une artistes comme Berthe Morisot, sera la goutte d'eau qui fait déborder le vase. La décision est prise, ils exposeront eux-mêmes. La même année, l'écrivain Paul Alexis fait écho à ce mouvement naissant dans L'Avenir national, soulignant l'intention de ces artistes de se rallier autour d'intérêts communs plutôt que de systèmes artistiques fermés.

 

L'Écrin du Boulevard des Capucines