Montgomery, l'éternel combattant

42 Rue de la Mer Colleville-Montgomery

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Le jour J, Montgomery dirige les opérations terrestres alliées en Normandie. Face à lui, il retrouve le général Rommel qu'il a déja battu dans le desert. Ce général dirigera ses troupes jusqu'en Allemagne. Ses choix opérationnels et sa forte personnalité ont fait de lui un personnage controversé.

"LE LEADERSHIP EST BASÉ SUR LA VÉRITÉ ET LE CARACTÈRE. UN DIRIGEANT DOIT LUI-MÊME ÊTRE LE SERVITEUR DE LA VÉRITÉ, ET IL DOIT FAIRE DE CETTE VÉRITÉ LE CENTRE D'UN OBJECTIF COMMUN"

Début de carrière

Bernard Law Montgomery est né à Londres en 1887. Après avoir fréquenté le Collège militaire royal de Sandhurst, il est affecté au Royal Warwickshire Regiment. Au début de la Première Guerre mondiale, alors qu'il combat durant la première bataille d'Ypres, un tireur d'élite lui tire une balle en plein poumon. Sa blessure est si grave qu'on lui a préparé une tombe, et contre toute attente il parvient à se rétablir complètement.

Montgomrery à l'école des stratèges

 Il va vivre le reste de la guerre loin du front. Devenu officier d'état-major, Montgomery sert notamment dans les batailles de la Somme et de Passchendaele. Ce poste va lui permettre d'observer de très prés les tactiques utilisées par des généraux comme Sir Douglas Haig. N'ayant peur de personne, il va même émettre des critiques à sa hiérarchie à l'égard de leur disposition à accepter de lourdes pertes pendant les campagnes.  

Montgomery dans la seconde guerre mondiale :

De victoires en débâcles

«En défaite, imbattable; dans la victoire, insupportable."

Winston Churchill sur Bernard Montgomery , 1945

Une rencontre décisive avec Churchill

Montgomery s'attire l'hostilité du War Office en raison de ses opinions sur la gestion de la force expéditionnaire. Durant l'été 1940, alors relégué au rang de commandant de division, il a la charge des  défenses du secteur de Brighton. En effet cette zone peut faire face à un éventuel débarquement allemand. Et Même en Angleterre, Montgomery parvient à provoquer la colère effroyable des élus des villes balnéaires et des propriétaires de villas sur la côte. L'après-midi du 2 juillet, il rencontre et reçoit pour la première fois de sa vie Winston et Clementine Churchill. Après la visite des installations sur le terrain, l'officier qui affirme « ni boire d'alcool, ni fumer et être à 100 % de ses moyens physiques » parle au dîner en tête à tête avec le ministre qui lui rétorque avec vivacité qu'il « boit et fume tout en se sentant en forme à 200 % ».

En toute franchise

Montgomery, avec franchise, lui donne son point de vue sur l'équipement de combat, sur l'entraînement des recrues et sur la nécessaire mobilité des troupes. De plus ils regrettent que celles-ci soient contraintes à un rôle uniquement statique. Il participe à la défense d'idées pratiques et originales, instillés par des officiers marginaux et réformateurs au sein de l'armée caduque et rétrograde de l'entre-deux-guerre. Dans ses mémoires Montgomery affirme que de cette rencontre est né une amitié. D'ailleurs son unité recevra des autobus pour organiser les déplacements sur la ligne de front et les mouvements de contre-attaque. Et ce malgrès l'avis négatif du war office.

La bataille de Dunkerque

Evacuation des troupes britanniques

 Lorsque la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne en 1939, Montgomery est envoyé en France avec le Corps expéditionnaire britannique. Il commande la 3e Division. Bousculé par le Blitzkrieg engagé par l'armée allemande lors de la bataille de France, le front est rompu par la percée de Sedan. L'armée britannique ainsi que l'armée française battent en retraite vers le nord de la France, elles sont alors coupées des troupes françaises situées au sud. La bataille de Dunkerque est le nom donné à l'évacuation de l'armée britannique et canadiennes. Cette évacuation s'effectue du 21 mai au 4 juin 1940 avec l'appui de l'armée française contre l'armée allemande. Montgomery qui prévoit un désastre en France, s'entraine alors pour réussir une retraite tactique. Cela s'avérera essentiel lors de l'évacuation de Dunkerque en 1940.

El Alamein

En 1942, le Premier ministre Winston Churchill nomme Montgomery commandant de la 8e Armée dans le désert occidental. Montgomery remonte rapidement le moral de ses troupes, et s'assure que ses hommes sont bien approvisionnés. Pendant près de deux mois, il entraîne et rééquipe complêtement ses soldats. Montgomery réorganise efficacement la défense d'El Alamein contre les forces allemandes dirigées par le général Erwin Rommel. Après avoir contré les attaques italiennes et allemandes, il parvient à offrir aux Alliés leur première grande victoire terrestre de la seconde guerre mondiale. Celle ci à lieu pendant la seconde bataille d'El Alamein en octobre 1942.

Les prévisions de Montgomery

 Chargé de l'infanterie britannique en Afrique du Nord, Montgomery prédit correctement la durée de la bataille et le nombre de pertes (13 500). La nouvelle enchante Churchill : « This is not the end. It is not even the beginning of the end. But it is, perhaps, the end of the beginning. », clame-t-il. Montgomery est anobli à l'Ordre du Bain et promu général. La 8e armée en profite pour avancer alors que les Allemands dépités et épuisés battent en retraite sur des centaines de kilomètres en direction de la Tunisie. L'évènement marque un tournant en Afrique du Nord et montre que les Allemands ne sont plus invincibles. Montgomery conserve l'initiative en utilisant la supériorité de son armée quand cela est nécessaire. Il déloge inlassablement un Rommel acculé, de chacune de ses positions successives. Le 6 mars 1943 dans le cadre de l'opération Capri, l'attaque massive de Rommel sur une 8e armée britannique très étendue à Médenine est un échec. Du 20 au 27 mars, sur la ligne de Mareth, Montgomery rencontre une opposition plus soutenue que prévu. Il emprunte une autre stratégie en prenant à revers les Allemands avec un support des chasseurs-bombardiers de la RAF opérants à faible altitude. Cette campagne montre que la victoire se joue à la fois sur le plan psychologique, sur le plan coopératif avec l'armée de l'air et l'armée de terre, sur le plan logistique avec des installations bien pensées et une planification précise avec des ordres clairs lors des opérations. Cette bataille devient non seulement un tournant dans la campagne d'Afrique du Nord, mais aussi dans la Seconde Guerre mondiale.

Un caractère bien trempé

La campagne de Sicile

 L'attaque alliée suivante est l'invasion de la Sicile. Les opérations Husky et Ladbroke s'organisent sous le commandement de Montgomery. C'est à ce moment que des tensions vont naître entre Montgomery et le haut-commandement américain. Car en effet Montgomery émet des doutes sur le plan d'invasion alliée. De ce fait les généraux américains Patton et Bradley ne vont que moyennement appréciés les critiques du général britannique sur leur stratégie. Même s'ils reconnaissent les qualités de Montgomery en tant que général, les officiers américains sont beaucoup plus méfiant vis à vis de son caractère imprévisible. Montgomery continue à commander la 8e armée lors du débarquement en Italie. Mais une nouvelle fois il ne peut s'empêcher de déplorer le manque de coordination, la dispersion des efforts, et la tactique qu'il considère inutilement compliquée. Le 23 décembre, il se retire de l'équipe décisionnelle pour la campagne italienne. Ainsi est naît la légende de son mauvais caractère

Montgomery et la préparation d'Overlord

Montgomery retourne en Grande-Bretagne pour reprendre le commandement du 21e groupe d'armée. Celui ci regroupe toutes les forces terrestres alliées qui doivent prendre part à l'opération Overlord, l'invasion de la Normandie. L'état-major du commandant suprême allié a préparé les plans de cette opération majeure pendant deux ans. Cependant Montgomery arrive vite à la conclusion que le plan du COSSAC reste trop limité. De ce fait il plaide vigoureusement pour que deux divisions soient rajoutées aux trois initialement prévues. Eisenhower approuve ce plan d’extension de l'opération Neptune.De ce fait il confie à Montgomery le commandement de toutes les forces terrestres d'’invasion qui débarqueront le jour J. Monty applique les mêmes méthodes qu'en Afrique du Nord. Il rend très souvent visite à ses troupes pour jauger leur moral, et s'inquiète en permanence de la qualité de leur instruction.

Montgomery dans la bataille de Normandie

En avril et mai 1944, Montgomery présente à l'école Saint-Paul sa stratégie pour l'invasion. En qualité de commandant des forces alliées d'invasion terrestres, il prévoit une bataille de quatre-vingt-dix jours. De plus celle ci prendra fin lorsque les troupes auront atteint la Seine. De plus en pivotant autour de Caen prise par les Alliés, les armées britanniques et canadiennes assureront l'offensive pendant que l'armée américaine progressera vers l'est. Alors qu'en Normandie les combats très rudes s'étalent sur deux mois et demi, Montgomery ne parvient pas à suivre le plan original.  De plus une série d'offensives improvisées menées sous son commandement, aboutissent à l'une des plus grandes défaites alliées sur le front ouest de l'Europe.

Montgomery et la stratégie de l'usure

La campagne lancée par Montgomery vise à harceler et à user l'ennemi. Cette stratégie est suivie jusqu'au milieu du mois de juillet. L'occupation du Cotentin et d'autres offensives à l'est permettent de sécuriser Caen et de concentrer les blindés allemands dans cette région. L'opération COBRA a pour but de percer les lignes allemandes et d'encercler la Wehrmacht. Afin d'effacer ses échecs récurrents dans la prise de Caen, Montgomery aurait planifié l'opération lui-même. . Cependant sa responsabilité est engagée du fait d'avoir trop tardé à fermer la poche de Falaise. En effet cette hésitation a permit à une partie des troupes allemandes d'échapper à l'encerclement.

Monty l'homme de tous les combats

Monty a pris sa retraite de la vie publique en septembre 1958 après avoir démissionné de son poste à l'OTAN. Il a consacré la majeure prie de sa vie aux affaires militaires. Avec le recul, il écrit que:

"toute sa vie a été une série de batailles. plus jeune, avec sa mère, ses professeurs et ses supérieurs d’armée; avec la faucheuse qui lui a volé son épouse Betty à un jeune âge; avec ses alliés et, surtout, avec l'ennemi dans les deux guerres mondiales".