Lucie Delarue-Mardrus, vivre et écrire sans limites
44 Rue des Capucins Honfleur
EN RÉSUMÉ
⏱️ Temps de lecture : 2 min 30
Née en 1874, Lucie Delarue-Mardrus mène une vie d’une liberté rare pour son époque. Poétesse, romancière, journaliste, voyageuse, elle écrit comme elle vit : intensément, sensuellement, sans jamais se laisser enfermer. Sa maison natale marque un départ, mais son œuvre se construit dans le mouvement, l’amour et l’audace.
Très tôt, Lucie Delarue-Mardrus publie de la poésie et se fait remarquer dans les cercles littéraires parisiens. Elle épouse en 1900 le traducteur Joseph-Charles Mardrus, célèbre pour sa version des Mille et Une Nuits. Leur union est intellectuelle autant qu’aventureuse : ensemble, ils voyagent en Égypte, en Syrie, en Turquie, découvrant d’autres cultures, d’autres sensualités, d’autres rapports au monde. Ces voyages nourrissent une écriture riche en images, en corps, en paysages vécus.
Mais Lucie Delarue-Mardrus ne se limite pas à son mariage. Elle assume ses amours féminines, notamment avec la poétesse Natalie Clifford Barney, dans un Paris où l’homosexualité féminine reste marginalisée. Cette liberté affective irrigue son œuvre : elle écrit le désir, la chair, l’élan amoureux sans détour ni justification. Romancière prolifique, journaliste engagée, dessinatrice, elle refuse toute hiérarchie entre les genres littéraires et publie sans relâche, portée par une énergie vitale peu commune.
Cette abondance et cette indépendance lui coûtent cher. Trop libre, trop sensuelle, trop multiple, elle est progressivement mise à l’écart par l’histoire littéraire officielle. Aujourd’hui redécouverte, son parcours apparaît pour ce qu’il est : celui d’une femme qui a fait de sa vie une matière d’écriture, et de l’écriture un espace de liberté totale.
Crédit photo : wikimedia