Aqueduc du Gier, un monument pour alimenter Lugdunum en eau

40 Rte des Pins Chaponost

Voir le trajet

EN RÉSUMÉ

⏱️ Temps de lecture : 2 min 30

Construit au début du IIᵉ siècle de notre ère, l’Aqueduc du Gier est l’un des plus ambitieux ouvrages hydrauliques de la Gaule romaine. Sur près de 86 kilomètres, il capte l’eau du Gier pour alimenter Lugdunum, révélant une maîtrise technique exceptionnelle et un rapport étroit entre ingénierie, paysage et vie urbaine.

L’aqueduc du Gier prend sa source dans la vallée du Gier, au sud de l’actuelle Saint-Chamond, et rejoint Lyon par un tracé sinueux épousant les reliefs. Les recherches archéologiques récentes ont précisé sa chronologie : des bois de coffrage datés par dendrochronologie indiquent un abattage autour de 110 ap. J.-C., situant le lancement du chantier sous Trajan, avec une possible finalisation sous Hadrien. Pour maintenir une pente moyenne d’environ 1,1 mètre par kilomètre, les ingénieurs romains combinent canalisations enterrées, tunnels et ouvrages d’art, garantissant un écoulement régulier sur une distance exceptionnelle.

Schémas des siphons renversés de l’aqueduc du Gier, dessinés en 1818 par le colonel de Penhoüet. 

La prouesse la plus spectaculaire reste l’usage des ponts-siphons, dont celui de Beaunant, permettant de franchir des vallées profondes sans rompre la pente. À Chaponost, le site du Plat de l’Air aligne encore 72 arches sur les 92 d’origine : une succession monumentale qui donne à voir l’ampleur du chantier et la matérialité du travail antique, depuis les blocs de pierre jusqu’au mortier hydraulique. Le débit, estimé à près de 15 000 m³ d’eau par jour, suffisait à alimenter thermes, fontaines et usages domestiques de la ville romaine.

Aujourd’hui, l’aqueduc du Gier demeure un paysage patrimonial lisible, protégé et étudié. La découverte en 1887 de la pierre de Chagnon, portant un édit d’Hadrien interdisant toute culture à proximité de la conduite, rappelle combien l’eau était juridiquement protégée. Entre vestiges monumentaux et traces plus discrètes, l’ouvrage continue de raconter la dépendance de la ville antique à l’ingénierie de l’eau et la durabilité des choix techniques romains.

Crédit photo de couverture / Source : wikimedia


Envie de découvrir

d’autres histoires en

Auvergne-Rhône-Alpes ?


Vous connaissez une anecdote, une photo ou un document lié à ce lieu ? Contribuez pour enrichir cette histoire.