Château de Regnière-Écluse, un millénaire d’histoire en Baie de Somme

49 Rue du Régiment de la Chaudière Regnière-Écluse

Voir le trajet

EN RÉSUMÉ

⏱️ Temps de lecture : 2 min

Entre la Baie de Somme et la forêt de Crécy, le château de Regnière-Écluse a traversé les siècles sans jamais changer de propriétaire. Une histoire familiale millénaire, attachée à préserver l’élégance de cette demeure tout en veillant à protéger la nature environnante.

Vers 1030, l’abbaye de Saint-Riquier cède ses terres à Gautier Iᵉʳ Tyrel, donnant naissance à une lignée seigneuriale qui régnera sur Regnière-Écluse pendant près de mille ans. Le vieux manoir féodal, posé entre étangs et forêts, s’enrichit au fil des générations, traversant guerres et révolutions sans jamais quitter la descendance des Tyrel de Poix, puis des Soyécourt. Au XIXᵉ siècle, un héritier visionnaire, le comte Herman d’Hinnisdal, transforme la demeure médiévale en un château de style gothique troubadour, mêlant fantaisie romantique et prestige aristocratique.

Château de Regnière Ecluse

Façade arrière du Château de Regnière Écluse. 

Autour du château, le comte façonne un vaste parc à l’anglaise et aménage une ferme modèle — prouesse agricole pour son temps. Il fait planter plus de cent mille arbres issus de la forêt de Crécy : les allées forestières s’étirent sur plus de deux kilomètres et la Maye serpente entre les étangs du bas-parc. À l’intérieur, le grand escalier sculpté par les frères Duthoit, acheminé par train, témoigne du soin porté à chaque détail. Mais les deux guerres mondiales marquent durement le domaine : les Anglais y installent leur quartier général, puis les Allemands en font un hôpital jusqu’en 1945. Après la guerre, une colonie de vacances s’y installe avant que la famille de Nicolaÿ ne rende au château son âme originelle.

Depuis 2008, Regnière-Écluse appartient au Conservatoire du littoral, qui veille à la préservation de ses 810 hectares et de ses archives séculaires. Restauré, classé Monument historique, le château a retrouvé son mobilier, sa pierre blonde et ses toitures à lucarnes. Toujours habité par les descendants de ses bâtisseurs, il demeure un lieu vivant, témoin d’une continuité rare entre mémoire, nature et transmission.

Crédit photo de couverture / Source : Jimidelyon, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons


Envie de découvrir

d’autres histoires dans

les Hauts-de-France ?


Vous connaissez une anecdote, une photo ou un document lié à ce lieu ? Contribuez pour enrichir cette histoire.