1793, le siège de Granville

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EN RÉSUMÉ

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En novembre 1793, la ville fortifiée de Granville devient le théâtre d’un affrontement décisif de la guerre de Vendée. Assiégée par une armée insurgée épuisée, la cité maritime résiste derrière ses remparts. L’échec du siège marque un basculement brutal dans le conflit révolutionnaire.

À l’automne 1793, la guerre de Vendée déborde de son berceau ligérien. L’armée catholique et royale, engagée dans la Virée de Galerne, remonte vers l’ouest avec un objectif clair : atteindre la mer. Granville, port fortifié dominant la Manche, incarne cet espoir. S’emparer de la ville permettrait d’ouvrir une liaison maritime, d’obtenir des armes anglaises et de relancer une insurrection déjà à bout de forces. Face à eux, une cité close, ceinturée de remparts bastionnés, défendue par une garnison républicaine, la garde nationale et des habitants mobilisés.

Incendie Granville 1793

Vue de la ville et du port de Granville, assiégé par les Vendéens 

Dans la nuit du 14 au 15 novembre 1793, l’assaut est lancé. Les forces en présence sont profondément déséquilibrées. L’armée vendéenne rassemble environ 20 000 à 25 000 hommes, mais la majorité est mal armée, privée d’artillerie de siège, et déjà éprouvée par des semaines de marche sous la pluie et le froid. En face, 2 500 à 3 000 défenseurs — soldats républicains, gardes nationaux et civils — tiennent la Haute Ville, protégés par des fortifications conçues pour la guerre moderne. Menés notamment par Henri de La Rochejaquelein, les assaillants butent contre la pierre : aucune flotte anglaise n’apparaît à l’horizon, les portes résistent, les tirs plongeants fauchent les rangs. Les combats font plusieurs centaines de morts et de blessés chez les Vendéens, tandis que les pertes républicaines demeurent limitées, la hauteur et les bastions jouant pleinement leur rôle.

Cet échec a valeur de tournant. Après Granville, la Virée de Galerne bascule dans la survie et la retraite, jusqu’à l’anéantissement final à Savenay en décembre 1793. Aujourd’hui encore, les remparts de la Haute Ville portent la mémoire de ces heures tendues. Ils rappellent qu’ici, au bord de la mer, une ville fortifiée a opposé sa pierre et sa hauteur à une armée à bout de souffle, scellant l’un des moments décisifs de la Révolution.

Crédit photo de couverture / Source : wikipedia


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