
Le château de Gisors, légendaire verrou du Vexin médiéval
Pl. de Blanmont Gisors Eure
EN RÉSUMÉ
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Le château de Gisors n’est pas un simple monument médiéval : il fut, dès 1097, l’un des verrous les plus stratégiques entre le duché de Normandie et le royaume de France. Dressé au-dessus de l’Epte, il surveillait une frontière brûlante, où Plantagenêts et Capétiens se défiaient à distance de flèche.
Le château de Gisors au début de l'automne
À la fin du XIe siècle, une motte castrale est élevée pour tenir ce territoire disputé du Vexin normand, zone charnière entre les possessions anglaises des ducs de Normandie et le domaine royal français. D’abord simple fortification de terre et de bois, le site se transforme rapidement : au début du XIIe siècle, un puissant donjon octogonal en pierre est édifié, ceint d’une chemise défensive. Cette mutation architecturale marque un tournant : Gisors devient un poste avancé majeur, capable de résister aux sièges et d’affirmer l’autorité seigneuriale sur une frontière instable.
En 1158, dans le cadre d’une trêve fragile entre Henri II Plantagenêt et Louis VII, la forteresse est confiée à l’ordre du Temple, chargé d’en garantir la neutralité. Ce choix souligne l’importance diplomatique du lieu. Mais l’équilibre est de courte durée. En 1193, profitant de l’absence de Richard Cœur de Lion, Philippe Auguste s’empare du château et le remanie profondément : barbacane avancée, tours renforcées, perfectionnement des systèmes défensifs selon les principes dits “philippiens”. Au début du XIVe siècle, la détention de Jacques de Molay et d’autres dignitaires templiers inscrit définitivement Gisors dans une mémoire mêlant histoire et légende.
Intérieur de la tour maîtresse du château de Gisors
Durant la guerre de Cent Ans, le château passe aux mains des Anglais en 1419 avant d’être repris en 1449. Adapté aux progrès de l’artillerie au XVIe siècle, il perd progressivement son rôle militaire à l’époque moderne. Classé Monument historique dès 1862, protégé pour ses jardins en 1940, il fait aujourd’hui l’objet de campagnes de restauration qui redonnent accès à ses tours et à sa barbacane. De forteresse de tension à lieu de transmission, le château de Gisors raconte près de neuf siècles de rivalités, d’emprisonnements et de reconversions patrimoniales.
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