Hangar à dirigeables d'Écausseville : la cathédrale militaire des airs

FJ28+HJ Écausseville Manche

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EN RÉSUMÉ

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À l’écart des routes du Cotentin, un volume de béton surgit au milieu des champs. Construit entre 1916 et 1917, le hangar à dirigeables d’Écausseville est un outil de guerre devenu monument. Pensé pour abriter les géants de l’air engagés dans la surveillance de la Manche, il demeure aujourd’hui le seul hangar militaire de ce type conservé en France.

Au cœur de la Première Guerre mondiale, l’armée française lance la construction d’un édifice hors norme. L’objectif est clair : protéger et maintenir les dirigeables militaires chargés de repérer les sous-marins allemands qui menacent les convois alliés entre Cherbourg et l’Angleterre. En 1916–1917, le hangar s’élève à Écausseville, loin du littoral mais à portée stratégique. Sa structure en béton armé, longue d’environ 150 mètres, large de 30 mètres et haute de près de 31 mètres, impose une architecture sans ornements, dictée par la seule efficacité.

1918 view from French dirigible

Un dirigeable français en janvier 1918, pour protéger les convois de matériel et de troupes venant d'Amérique. 

À l’intérieur, le volume frappe par sa nudité et sa puissance. La porte monumentale coulissante, conçue pour les manœuvres de dirigeables de grand gabarit, rythme les entrées et sorties d’appareils engagés dans la lutte anti-sous-marine en 1917–1918. Le bâtiment fonctionne comme un vaste ventre technique : entretien, préparation, protection contre les intempéries. Rien ici n’est décoratif. Tout est dimensionné pour la guerre industrielle, pour la maîtrise de l’air au-dessus de la Manche.

Après 1918, le déclin rapide des dirigeables militaires rend le site obsolète. Le hangar est désaffecté, mais ni détruit ni transformé. Cette mise en sommeil le sauve. Reconnu au XXᵉ siècle pour sa valeur architecturale et historique, il est protégé au titre des Monuments historiques. Aujourd’hui, le hangar d’Écausseville est un lieu de mémoire et de transmission, ouvert à la visite et à des événements culturels. Un vide habité, où l’on mesure encore l’ambition technique et la démesure silencieuse d’une guerre menée dans le ciel.

Crédit photo de couverture / Source : wikipedia


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