
Les marais salants de Guérande : un paysage façonné par les paludiers
D92 Guérande Loire-Atlantique
EN RÉSUMÉ
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Aux portes de l’Atlantique, les marais salants de Guérande déploient une mosaïque de bassins où l’eau circule lentement avant de devenir sel. Derrière ce paysage lumineux se cache un travail précis, transmis depuis des siècles. Classé en 1996 et intégré à Natura 2000, ce territoire demeure un patrimoine vivant, fragile et entretenu chaque jour.
Fleur de Sel de Guérande.
Les marais salants de Guérande s’inscrivent dans une histoire ancienne. Des indices archéologiques attestent d’une production du sel dès l’Antiquité. Le principe est resté le même : l’eau de mer est conduite par un réseau de canaux et de bassins, jusqu’aux œillets, où l’évaporation progressive concentre le sel. La progression de l’eau, bassin après bassin, permet d’augmenter naturellement la salinité avant la cristallisation. La pente des talus, la maîtrise des niveaux d’eau et l’entretien constant structurent tout le paysage.
Dans les marais salants de Guérande, le savoir-faire des paludiers continue de façonner le paysage.
Sur environ 2 250 hectares, près de 400 paludiers entretiennent digues et canaux pour maintenir l’équilibre hydraulique. Leur travail ne consiste pas seulement à récolter, mais à régler finement la circulation de l’eau et à surveiller les conditions météorologiques. Lorsque vent et soleil sont réunis, le sel cristallise à la surface des œillets. Cette production dépend entièrement des cycles naturels. Le 13 février 1996, l’ensemble est classé au titre des sites protégés, pour ses caractères pittoresque, historique et scientifique, reconnaissant officiellement la valeur paysagère et patrimoniale de ce territoire façonné par le geste humain.
Marais salants de Guérande à l'automne
Ce paysage n’est pas seulement productif : il constitue aussi un espace naturel majeur. Le 30 octobre 2008, le site est intégré au réseau Natura 2000 pour la richesse de son avifaune. On y observe notamment l’avocette élégante, l’échasse blanche, la spatule blanche ou encore le tadorne de Belon, espèces emblématiques des milieux humides littoraux. L’activité salicole et la biodiversité y coexistent dans un équilibre délicat. Sans entretien régulier, les bassins s’envaseraient, la circulation de l’eau se romprait et l’écosystème se dégraderait rapidement.
Crédit photo de couverture / Source : wikipedia
Ce beau livre retrace l’histoire des marais salants de Guérande et des sauniers qui les ont façonnés. À travers textes et images, il éclaire le lien profond entre le paysage, le travail des paludiers et la place essentielle du sel dans l’histoire locale.
